Ca fait bientôt un an que je suis arrivé à Bangalore, et certains ont entrepris de fêter l’évènement dignement: j’étais invité à passer la journée à l’Office des étrangers pour renouveler mon permis de séjour. La fête était bien organisée et ils sont tous venus: le portier, le réceptionniste qui distribute les tickets, l’autre gars qui vérifie les tickets, le gars du comptoir du bout, celui du guichet n°3, le superviseur… plus toute la foule des invités de la jet-set internationale de Bangalore en quête d’un titre de séjour, venus d’Iran, d’Afghanistan, de Corée, du Congo,…
Une journée mémorable où à l’occasion de multiples trajets vers l’office des étrangers (qui est à 10 minutes de chez moi, atout crucial dans le choix de ma résidence!), je me suis fait agresser tour à tour par mon réveil en pleine nuit, un soleil écrasant, une meute de klaxons de véhicules tout aussi écrasants, le chien du voisin, des moustiques voraces, des odeurs tantôt âcres tantôt fétides selon ce qui pourrit au coin de la rue, une chaleur suffocante et une pluie torrentielle (qui fout la m**de dans les égouts de la ville, enfin plutôt hors des égouts, ce qui ne manque pas de rajouter de nouveaux épisodes au rayon “odeurs” pour demain). Ce qui m’a guidé à me questionner plus d’une fois sur les raisons qui m’ont poussé à étendre mon séjour ici au lieu de retourner me balader sur les pentes verdoyantes des collines de Suisse.Mais la chose remarquable, c’est qu’au pire sont les conditions, au plus les gens sont avenants et serviables. Ma demande de renouvellement de permis de résidence est un recueil biblio-formulairographique de ma vie qui s’étale sur une bonne centaine de pages de formulaires, contrats, copies certifiées conformes, actes notariés etc. qui a été soigneusement préparé par nos consultants en immigration (plus 2 ou 3 départements et managers de Google, mon proprio, des notaires, des comptables, le ministère des impôts,…).
Les nombreux agents entre les mains de qui passe ma bible se sont tous montrés coopératifs et aimables, tout en restant soucieux de respecter le plus haut intérêt de la nation en vérifiant la véracité et la conformité de chacune de ses nombreuses pages. Les enfants qui courent dans la rue me courent derrière avec de grands sourires, et même les chauffeurs de rickshaw ont accepté de me transporter sans me faire payer le triple du prix de la course.
Si tout va bien, je reste travailler ici jusque fin juillet, puis on prend un long congé pour aller visiter le nord (le Cachemire, Darjeeling, le Népal, Bruxelles), avant de plier bagages et de les mettre sur le prochain navire pour… l’Australie, où nous attendent nos prochaines aventures.















































