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Archives Mensuelles: octobre 2011

Mon. 31 Oct. – The Darling Buffalo

Tchouk tchouk, on s'enfonce dans la jungle à la vitesse d'un escargot au pas de course...

En dépit des caprices du système de réservation des trains indiens qui nous ont refusé quelques tickets, à force de persévérance (et en réservant tout ce qui bouge sur le week-end complet) on est arrivés à nous assurer une place sur le petit train vapeur qui circule encore dans les collines des Nilgiris au milieu des plantations de thé et petits villages de montagnes perdus dans les brumes, sur les traces de Shah Rukh Khan dans le film Dil Se: Le Darling Buffalo de la Nilgiri Mountain Railway.

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Le voyage commence à l’aube dans la bourgade de Mettupalayam. Le train s’élance dans un panache de vapeur vers les collines et s’enfonce dans la jungle de palmiers à la vitesse du cheval au galop. Après deux ou trois kilomètres, on arrive au pied des collines, et à mesure que la pente se fait plus raide, le cheval s’essouffle et se change en bourricot, tortue et finalement escargot. Le train gravit les collines en 3 bonnes heures, pour presque 30 km. Mais au cœur de la jungle, on a tout le temps d’admirer les paysages magnifiques qui se déroulent devant nos yeux à mesure que notre escargot se tortille sur ses rails.

Pendant des heures, on traverse des paysages de milieux-de-nulle-part... magnifique!

En fait de voyage, il s’agit plutôt d’un voyage dans le temps… Quelque part à mi-course, on s’arrête dans une gare sortie tout droit d’un Lucky Luke pour faire une pause et abreuver tout le monde: les passagers (qui consomment thé et moult machins frits), la locomotive (qui boit 400 litres d’eau par kilomètre), les indigènes (qui sont petits, couverts de poils, munis d’une longue queue et d’une drôle de bouille, et qui mangent les restes des passagers). Personne ne fait étape ici: A part la petite échoppe et ses singes, il n’y a strictement rien dans les parages.

Hillgrove, 30 minutes d'arrêt!

Le personnel en grande affaire.

Arrivé sur le haut des collines, on ressort de la jungle pour arriver dans la petite gare assoupie de Coonoor, toute fébrile d’animation pour le départ d’un de ses 4 trains par jour. C’est en effet toute une affaire parce qu’il faut changer de locomotive: la locomotive vapeur à crémaillère (de fabrication suisse) fatiguée de grimper depuis la plaine depuis des heures est remplacée par une diesel qui finira le trajet jusqu’à Ooty, fait de pentes nettement moins raides. La manœuvre mobilise toutes les forces vives du personnel des chemins de fer, qui agitent des drapeaux rouges et verts dans tous les sens pour diriger les opérations. Dix minutes plus tard, le train se mobilise dans une grosse bouffée de fuel (et un coup de trompe pour faire bon compte) et chacun s’en retourne à son activité normale: boire le thé.

L’album photos
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Publié par le 31/10/2011 dans Surroundings

 

Sat. 29 Oct. – Nilgiris

Dans notre série de découverte de l’Inde par week-ends, cette fois-ci on a pris les sacs-à-dos, un vol aller-simple vers Coimbatore avec l’intention de visiter les collines des Nilgiris, prendre le vieux train à vapeur qui y circule encore et rentrer avec les moyens du bord. Si vous n’avez jamais entendu parler de Coimbatore avant, ne prenez pas la peine de l’inscrire sur le radar de vos prochaines visites: cette petite ville d’à peine 2 millions d’habitants sort du lot par le fait qu’il n’y a absolument rien à y voir. Pas la moindre attraction, site touristique, machin en vieilles pierres, schnol. La « chose à voir » qui arrive en tête dans une recherche sur TripAdvisor est un temple à 50 km de la ville.

Mais bon, il y a un aéroport et de là, une gare, un train et hop, en quelques heures on est à Mettupalayam, au pied des Nilgiris, qui sont des collines hautes commes les Alpes (genre 2500m, tout en courbes douces et boisées jusqu’au sommet). Mettupalayam c’est le trou, mais au moins on le savait à l’avance.

La gare endormie de Mettu***am, avec les Niligiris en toile de fond.

De là, on peut monter dans les collines et on y trouve Coonoor, décrite comme une petite ville d’altitude, qui a gardé un charme intact, encore vierge de l’empreinte de la modernité. Et c’est en effet un mélange surprenant de petite ville à l’indienne, avec des tas de maisons colorées empilées les unes sur les autres, plus quelques temples, églises et mosquées qui cohabitent joyeusement, le tout avec l’air de la montagne, les plantations en terrasses, emmitoufflé dans la brume.

Un amas de façades colorées la tête dans les nuages... Très joli quand on sait où ne pas regarder.

La petite gare bleue perdue dans la brume... délicieuse invitation au voyage.

On n’échappe bien sûr pas aux rickshaws qui pétaradent en tout sens (enfin non, pas en descente parce qu’ils coupent le moteur), les bus branlants qui débordent de passagers, les dépôts d’ordures sauvages et les vaches au milieu de la route (ou plus souvent, dans les ordures), mais il y a aussi les jolies plantations de thé, la vieille gare préservée (et son vieux train), et en effet dès qu’on s’éloigne un rien du centre de la ville, ça devient très joli.

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Visite d'une plantation de thé avec dégustation... cheers!

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On roule à gauche ici: donc c'est mon bus qui est en train de dépasser le camion et pas l'inverse.

J’avais déjà constaté que les règles de circulation étaient différentes ici, j’en ai eu une démonstration supplémentaire. Une règle qui a l’air d’être respectée c’est qu’il faut éviter de dépasser quand la route ou le pont est juste large assez pour un seul véhicule. Si elle est assez large, c’est bon on peut y aller: un bon coup de klaxon et on se lance. Les détails mineurs du genre on est en côte, on aborde un virage, il y a un brouillard à couper au couteau, il fait nuit, il y a un véhicule qui arrive en sens inverse, il y a deux véhicules qui arrivent de front en sens inverse (voire toutes les options ci-dessus réunies) ne sont pas de nature à décourager le pilote de bus intrépide et redoutable. De toute façon, Ganesh veille sur lui! Et comme je suis encore en vie pour vous le raconter, il faut croire que Ganesh veille bien, parce qu’en un voyage d’une heure et demie, j’en ai vu des faucheuses qui nous attendaient au tournant.

 
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Publié par le 29/10/2011 dans Surroundings

 

Mer. 26 Oct – Diwali

Les festivals, c’est toute une affaire en Inde. Et le mois d’octobre est particulièrement chaud en festivals, c’est un peu notre décembre (ils ont été plus malins sur le coup, parce qu’ici ça tombe avant l’hiver alors on peut faire le singe dehors en t-shirt au lieu de se les geler au coin du feu). Ca commence par la fête à Ganesh, puis celle à Durga, et enfin vers la fin du mois, Diwali, la fête de la lumière (il y a sûrement aussi un Dieu qui se retrouve dans le lac, mais je ne connais pas son nom). Et puis tant qu’à faire les musulmans (qui sont tout de même un paquet ici malgré la séparation sanglante il y a 50 ans entre l’Inde musulmane (le Pakistan) et l’Inde des autres) font aussi la fête de l’Aïd un peu plus tard (je leur en suis d’ailleurs reconnaissant puisqu’au passage ça me fait un jour de congé, olé!).

Commercial street illuminée de mille feux

Comme Diwali c’est la fête des lumières, il y a des banderoles lumineuses qui fleurissent partout en ville, les magasins font des soldes et ça ressemble vraiment à la Noël, sans la neige.
Tant et si bien que la ville se vide parce que tout le monde va fêter Diwali en famille et à Bangalore, les familles ne sont pas à Bangalore (par exemple, mes collègues viennent d’un peu partout en Inde, très peu sont orignaires de Bangalore ou même de l’état dont elle est la capitale, le Karnataka). Et comme c’est la fête des lumières, les quelques survivants sortent les feux d’artifice.

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Voici à peu près le tableau que j’imaginais, à quelques jours de Diwali (et que vous pourriez imaginer d’après ce que j’ai écrit ci-dessus): il y a l’un ou l’autre feu d’artifice organisé sur la Grand Place ou autre, ça dure 2 heures de « Oooh! Aaaah! » et puis basta, on va dormir plein d’étoiles dans les yeux, puis on se réveille et c’est l’an neuf, il fait tout calme et tout blanc.

Evidemment que c’est pas comme ça que ça se passe! D’abord, le mot « organisé » n’est pas connu au répertoire, ensuite il n’y a pas de Grand Place ici, et le concept même de « calme » est complètement inexistant. Donc c’est plutôt comme pour les Gaulois d’Astérix: chacun pour soi, n’importe comment et dans le plus grand désordre.

C'est moi qui ai tout fait péter?

Expecto Patronum!

Chacun fait des provisions de pétards (parce que les feux d’artifice c’est cher et les pétards ça fait plein de bruit et c’est comique) et les fait péter dans la rue devant chez lui, à n’importe quelle heure et avec autant de rappels qu’il faut pour vider le stock. On a nous-mêmes joué à faire péter des pétards avec la famille, 20 minutes c’est drôle.

Les voisins qui étaient en forme et nous rejouaient toute la bataille de Stalingrad pendant 2 heures, c’était limite barbant.

Des pétards dans tous les coins de la ville de 8h du matin à 11h du soir la veille de Diwali, c’est vraiment rasoir.

La même chose de 6h du matin à minuit le jour de Diwali ça devient franchement pénible.

Et la même chose pendant encore 3 ou 4 jours parce qu’il en traînait encore au fond du sac, c’est promis moi aussi j’irai fêter Diwali chez la famille (celle qui vit en Belgique) l’an prochain et toutes les années prochaines!

Scènes de guerre... la ville est jonchée de débris, les victimes affluent dans les hopitaux

C’est là que je me suis rendu compte que même avec la moitié des habitants partis, il y a vraiment beaucoup de monde dans cette ville!

 
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Publié par le 26/10/2011 dans Bangalore

 

Thu. 20 Oct. – Namma Metro

Aujourd’hui c’est le grand jour, Bangalore entre de plain pied dans la modernité et passe du statut de grosse ville chaotique à celui de métropole: le métro roule!

La toute nouvelle station de Baiyapanahalli, sur son 31 pour la cérémonie d'ouverture

Un beau vernissage, avec des fleurs et tout!

En bon adepte des transports en commun que je suis, je me devais d’être un des early adopters et j’ai donc lâchement abandonné mon taxi pour tester la course en métro en rentrant à ma maison le soir même. Les stations sont toutes propres, les trains sont modernes, propres, roulent sans heurts, fréquents… il n’y a rien à dire, c’est nickel!

Il y a pas mal de monde, la plupart sont là pour la nouveauté plus que par besoin, tout le monde est joyeux et prend des photos (malgré le fait que c’est curieusement interdit), il y a des gardes de sécurité et des stewards dans tous les sens, ils ont tout décoré avec des fleurs et des loupiotes, une vernissage de grande beauté! D’ailleurs les journaux ne s’y trompent pas et il fait toutes les unes pendant quelques jours.

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La semaine suivante, je poursuis l’expérience et tente de trouver le moyen de profiter au mieux de la nouveauté pour échapper aux affres du trafic, ce qui me demande de me débrouiller avec les bus pour atteindre la station de métro. Au passage, j’essaye d’influencer les collègues pour en faire de même. Mais avec un réseau de 6 stations qui couvrent une distance totale de 7km (pour une ville de 40km de diamètre), ça fait peu de monde qui se sent concerné. Sans parler du fait qu’ils ne voient en général pas du tout pourquoi il faudrait abandonner le taxi qui les transporte de porte à porte au profit d’un autre moyen de transport qui leur demande de partager l’espace avec d’autres gens (berk!), marcher (quelle idée saugrenue!) et ne pas jouir du service personnalisé d’un chauffeur (ça, c’est du pure lèse-statut, ça ne va pas du tout!).

Il semblerait que toute la ville en est là (comme mes collègues je veux dire), vu l’affluence des navetteurs qui partagent mon métro: il y a en général une bonne paire de clients sur les quais, parfois 3 ou 5… parfois je suis seul. En règle générale, il y a plus de gardes et de stewards que de clients.

La station de Indiranagar à l'heure de pointe... Probablement l'endroit le moins peuplé de toute la ville.

Pour ma part, j’apprécie la course confortable sur des rails qui ne sont pas bourrés de nids-de-poules, le fait de marcher et prendre l’air en allant au travail et le luxe d’avoir un métro pour moi tout seul (ou presque). Le métro est propre, ponctuel, il y a de l’espace, on est à l’abri des klaxons et gaz d’échappements et des conducteurs grossiers qui roulent comme des patates… Et de temps en temps, quand je vois par la vitre les embouteillages en-dessous de moi (c’est un métro aérien), alors j’ai une petite jouissance et j’arrive tout content au bureau (ou à la maison).

 
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Publié par le 20/10/2011 dans Bangalore

 

Ven. 14 octobre – Mariage n°3

La troisième et dernière tranche de notre mariage est faite de cachets, timbres et signatures: il s’agissait de convaincre les sbires de l’administration que tout ça était bien légal, et de gagner le certificat adéquat (pour aller convaincre d’autres sbires que tout ça est bien légal etc.).
D’après notre expérience des tentatives précédentes, on s’attendait à tout sauf à ce que ça marche et c’est donc sans grand espoir qu’on s’est présentés dans le bureau de la commune munis de nos témoins de mariage (en surnombre)… et contre toute attente, l’affaire s’est déroulée sans embrouille et une demi-heure et 40 roupies plus tard, on sortait de là avec nos papiers, dûment cachetés, timbrés et signés.

On a été fêter l’évènement avec les deux familles. Il y avait du whisky et des feux d’artifice au frais pour la fête de Diwali la semaine prochaine: on a tout fait pêter, ainsi que nos panses au resto du coin, avant de renvoyer tout le monde en voiture, qui à l’aéroport, qui dans son lit, pour de nouvelles aventures.

Tout est bien qui finit bien: On trinque en l'honneur de l'agrément entre les deux parties comme il se doit.

Photos de familles…

… Mine de rien, c’est une fameuse aventure qui se termine là (certains prétendront que l’aventure, la vraie, ne fait que commencer)… De notre rencontre à Bangalore il y a 4 ans à nos voyages incessants en Tchéquie, en Suisse et tout autour, les interminables discussions avec les parents, deux voyages en Inde, 3 ou 4 changements d’emploi, une demande de mariage dans un lac des Alpes et 3 tentatives de mariage, il nous aura fallu une bonne dose de persévérance pour en arriver là.

 
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Publié par le 14/10/2011 dans The wedding

 

Sam. 8 octobre – Mariage n°2

Pour notre seconde tranche de mariage, on a invité une foule plus cosmopolite que juste Bangalore-Nord et on a envoyé le tout par bus dans un petit coin de nature sur la berge du fleuve Cauvery, perdu au milieu de nulle-part à une centaine de kilomètres de la ville, question de voir quelque chose de différent.

C'est la fiesse!

Une centaine de kilomètres ça a pas l’air très impressionnant mais avec nos 2 bus, il a tout de même fallu près de 4 heures pour y arriver. Enfin, au retour on a fait mieux: on a attrapé les embouteillages de retour de week-end et on en a pris 6. On aurait probablement mieux fait d’aller en vélo ou en kayak.

L’album photos

Mais une fois sur place, tout est allé pour le mieux: piscine (remplie spécialement pour nous!), cocktails, musique et danses en tous genres, feu de camp, nuit à la belle étoile en compagnie des guépards et cobras, currys et chapattis, maux de ventre, visites des chutes (en haut, en bas, dans l’eau…), chacun a eu droit à son programme personnalisé. C’était une jolie petite fête et d’ailleurs maintenant qu’on s’en est remis, on se demande quand arrivera la prochaine occasion où on peut remettre le couvert.

 
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Publié par le 08/10/2011 dans The wedding

 

Nostalgie…

Je dépose moi aussi ma petite goutte d’eau dans l’océan des éloges de Steve Jobs qui font le tour du web pour l’instant, en habillant mon blog aux couleurs sobres de l’interface qui a changé la face du monde.

 
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Publié par le 07/10/2011 dans Uncategorized

 
 
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