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Archives du 23/01/2012

Tanzanie 1 – Les Maasai

Notre première étape en Tanzanie a été de visiter une famille Maasai sur la route entre Arusha et les parcs nationaux. Enfin, première étape si l’on ignore une visite nocturne de l’aéroport de Mascate (décidément ces émirats sont au centre du monde: où que j’aille il semble normal d’y faire étape), un court transit par celui de Zanzibar (juste assez pour voir les splendides plages sa sable fin et la mer turquoise, images qui nous ont accompagnées longtemps dans notre safari sur les terres arides de Serengeti…), une nuit trop courte surfée sur un couch doré à Dar-es-Salaam suivie d’une journée trop longue à cuire à feu doux dans le bus vers Arusha (heureusement agrémentée d’un soap opera en swahili et de vidéo-clips d’une star du gospel qui se trémoussait en nous bombardant de messages d’amour et de paix de la part de son patron Jésus).

Le village (qui en vérité est une famille) nous accueilli dans la bonne humeur et la légèreté avec une danse très aérienne (les hommes lévitent au son des Ayaa Ayaa des femmes et des Groumpf de eux-mêmes).

Les Maasai sont des maîtres ès-lévitation.


Ensuite on a fait le tour du propriétaire: le domaine est composé d’une diziane de huttes disposées en cercle autour d’une cour centrale. Les poulets, les chèvres et les vaches vivent dans la cour, et chaque femme a sa hutte, comme ça les vaches sont bien gardées. L’homme de la famille dort tour à tour dans chaque hutte (et probablement parfois dans la cour centrale, quand il rentre saoûl du café et qu’il trouve toutes les portes closes — enfin, il n’y a pas de portes aux huttes, mais s’il y en avait, elles seraient closes quoi).

La famille du village est composée d’un homme, d’une dizaine de femmes et de la multitude de leurs enfants.

Les jeunes de la famille (ceux qui ne sont pas en train de jouer au cow-boy avec le troupeau)

Quand les enfants deviennent adultes, les garçons sont jetés hors de la maison, font un stage survie d’un an dans la brousse puis peuvent fonder leur propre famille (ils construisent alors leur hutte là-bas, à 500 m, comme ça c’est pas trop loin pour les visites de la famille), et les jeunes filles sont envoyées dans d’autres villages pour les peupler. Un homme peut avoir autant de femmes que son troupeau de vaches lui permet d’en nourrir (il y a donc une symbiose ancestrale entre les populations de Maasai et de bovins, mais ils ont intérêt à faire gaffe, parce que si Mr. McDonald des Amériques débarque ici, il peut leur raffler toutes leurs femmes d’un seul coup!)

Les Maasai ont des rôles bien définis: les hommes à la chasse et les femmes à la maison (y compris un détour par la rivière pour la corvée eau, c’est à moins de 10km). Comme ce sont des éleveurs, les hommes sont en quelque sorte des cow-boys qui accompagnent le troupeau et le protège des prédateurs, qui ne sont plus vraiment légion dans le coin (si ce n’est les jeunes Maasai célibataires qui doivent se constituer un troupeau de départ pour commencer leur vie de famille). En gros, ils passent la journée à faire la sieste sous l’acacia, ou à taper la carte avec le voisin.

Tout l'art est dans les pneumatiques!

Ils ont un costume traditionnel, les hommes en rouge et les femmes en bleu, mais tout le secret de leur succès est dans leurs pneumatiques: le Maasai gagnant (dans la course au chapardage de vaches) et celui qui a toute confiance dans ses sandales et ne doit pas rentrer au stand prématurément pour changer ses pneumatiques, ce qui lui ferait perdre un temps crucial sur son poursuivant.

Un autre atout d’une bonne paire de sandales en pneu (en plus de la longévité, qu’on nous a garantie être de dix ans ou plus!) est qu’elle laisse des traces symétriques, et ne permettent pas au poursuivant d’identifier si le chapardeur de bétail est parti vers la gauche ou la droite.

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Question diététique ici, c’est l’enfer pour les Hindous: on mange du bœuf, du veau et pour assaisonner le tout, un peu de vache. Les Maasai ont une diète 100% bovine: lait, beurre, yaourt, steak, boudin,… La modernité frappe cependant à la porte et avec les profits de leurs activités immobilières et touristiques ils s’achètent du maïs et du sucre.

En fin de visite, on est bien entendu conviés à jeter un coup d’œil à tout un étalage de bidules artisanaux, prendre ce qui nous plaît puis négocier âprement la valeur de la marchandise avant de s’en retourner chacun de son côté en traitant l’autre d’escroc et de voleur.

C'est trop cher ton truc j'en veux pas!


Une fois les palabres et transactions finies, Shikha et notre guide ont rejoué la scène en échangeant les rôles:
— Un super-beau collier comme ça, je te le fais à prix d’ami à 20000
– Comment? Je te donne 5000 tout au plus!
– Radin!
– Escroc!

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Publié par le 23/01/2012 dans Travel

 

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