RSS

Archives du 28/01/2012

Tanzanie 6 – Les Datogas

Les voisins des Hadzabe sont leurs copains les Datogas. La chasse et la cueillette permettent aux Hadzabe de se nourrir, se couvrir, se loger etc. mais il y a un truc qu’ils ne trouvent pas comme ça dans la nature: les pointes de leurs flèches. Et comme ça tombe bien! Les Datogas justement font des pointes de flèches à partir de vieux métaux: ce sont des forgerons. Et même s’ils font de très jolies pointes de flèches, comme ça ne se mange pas, il arrive qu’ils aient faim et soient prêts à échanger quelques pointes de flèches contre un impala fraîchement tué.

Un travail de schtroumpf costaud

Nous avons été chaleureusement accueillis par Monsieur Datoga et ses épouses qui nous ont donné un petit aperçu de la vie au pays des Datogas, et notamment une démonstration du savoir-faire ancestral du travail du fer. Point d’équipement sophistiqué ni de phase à chaud, le travail du fer se fait ici au coin du feu à force de moult huile de bras. En particulier les bras de l’assistant souffleur, que je remplace sur la photo, mais pour être franc, je fais pas un bon souffleur parce que j’étais fatigué après 3 minutes, alors que le gamin a tenu une bonne demi-heure sans broncher.

Si j’étais bien impressionné par ce forgeron qui arrive à recycler une vieille pièce de carrosserie en bracelets adornés, il faut bien avouer que son petit business ne joue pas à armes égales contre le reste de l’industrie métallurgique mondiale, et je ne parierais pas bien gros sur sa prospérité à long terme. Les chasseurs d’à-côté, tant qu’on leur fout la paix et qu’on les laisse chasser, trouveront toujours bien à manger quoi que fasse l’industrie alimentaire mondiale. Les Maasai pourront manger leurs vaches tant qu’ils auront de quoi les faire paître. Mais l’infortuné Datoga aura un peu de mal à se nourrir du fruit de son labeur quand ses voisins achèteront leurs armes aux Chinois. Mais il a peut-être déjà flairé le piège et le fait qu’on est là en visite payée est le résultat de sa reconversion au secteur du tourisme, et les petits bracelets lui rapportent en fait peut-être déjà plus que les pointes de flèches.

En fin de visite (après le passage par la boutique), nous prenons congé de la famille après une dernière chanson d’adieu menée par Mère-Grand.

Publicités
 
Poster un commentaire

Publié par le 28/01/2012 dans Travel

 

Étiquettes : , , , , , , , , ,

Tanzanie 5 – Les Dieux sont tombés sur la tête

Assez d’animaux pour la semaine, aujourd’hui on est de retour chez les bipèdes. « De retour » c’est beaucoup dire, je ne suis pas sûr de me sentir plus à la maison ici que chez les lions: nous visitons une tribu de bushmen, les Hadzabe, ceux-là même qui cliquettent en pagne dans le film Les Dieux sont tombés sur la tête (on a fait très attention de ne pas emporter de bouteille en verre).

Ceux-ci nous invitent gentiment à partager leur journée, qui commence par faire un feu. Pour avoir été scout pendant des années, je peux dire que faire du feu sans papier ni allumettes, c’est une légende au même titre que voler sur un balai ou se trouver au pied de l’arc-en-ciel. Et là sous mes yeux, ces gars-là sont devenus des demi-dieux en réalisant l’impossible en 2 minutes avec leur bâtonnet et leur morceau de bois sec!

Pas de chance pour le piaf.

Le demi-dieu a un peu perdu de sa superbe quand j’ai vu que ledit feu lui servait à s’allumer une pipe avec un truc pas net qui d’ailleurs n’avait pas l’air de lui réussir beaucoup. Enfin, je suppose que ça leur donne du courage pour la chasse.

La chasse, ça commence à nouveau comme un jeu scout, les gars de la tribu prennent leurs arcs et flèches et vont courir dans le maquis avec leurs chiens. Ca décoche des flèches un peu partout, puis après ça se passe pas trop bien pour les animaux qui entrent en collision avec les flèches: oiseaux, écureuils, rongeurs,… Hop, à la casserole!

.

La chose est par ailleurs aussitôt faite que dite:

Un barbecue

A la prochaine halte, au pied d’un arbre qui abrite une ruche d’abeilles, la patrouille allume rapidement une petite flambée et les trois ou quatre prises de la matinée se retrouvent plumées et transformées en kebabs en moins de 10 minutes. Les chasseurs mangent les chicken nuggets, les chiens mangent les restes, et l’histoire ne dit pas ce dont celles qui sont restées au village se nourrissent.

Pour le dessert, un des gars embarque quelques tisons, grimpe dans l’arbre et se met en besogne de déloger les abeilles. Il ramène de son expédition (outre des tas de piqûres) quelques galettes de miel savoureuses.

.

Un piètre Guillaume Tell

Une fois la chasse terminée, tout le monde rentre au camp où l’on a l’occasion de s’entrainer à l’art noble et ancestral du tir à l’arc et de se rendre compte qu’envoyer une de ces flèches pourfendre un oiseau de la taille d’un moineau perché sur son arbre relève de quelque don de magie, quand on a déjà du mal à toucher un point quelconque de l’arbre entier.

.

Une fois la visite terminée, on s’échange quelques cadeaux (mon chapeau pour ton arc…), on festoie en chantant et dansant tous ensemble et on repart chacun dans son monde…

 
2 Commentaires

Publié par le 28/01/2012 dans Travel

 

Étiquettes : , , , , , , , , , , , , ,

 
%d blogueurs aiment cette page :