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Archives Mensuelles: août 2012

Sun 26 Aug – Ranakpur Express

Départ d’Ahmedabad pour Jodhpur par le train de nuit.

Les trains sont assez efficaces et permettent d’aller à peu près n’importe où pour trois fois rien. En s’y prenant à temps, on a même la chance de pouvoir être assis pendant le trajet, voire même d’avoir une couchette. Vu les distances, les trains de nuit sont très populaires et typiquement un train roule pendant 3 jours avant d’atteindre sa destination finale.
Comme d’habitude, il est possible de voyager dans de meilleures conditions que «le peuple », au prix d’un billet plus élevé. Le critère de différenciation ici est l’air-conditionné: les billets bon marché se retrouvent potentiellement à cuire dans leur wagon, et les billets privilégiés ont droit à de l’air frais. Par le hasard des réservations (les trains sont systématiquement subookés, on a pris les 2 derniers billets du train), on s’est retrouvé pour notre voyage nocturne dans la class 2A, ‘A’ pour Air-conditionné.

Notre maison pour la nuit.

Malheureusement, on n’est pas en été et de nuit, il ne fait pas si chaud dehors. Alors pour bien marquer la différence avec les wagons populaires, ils ont réglé le nôtre sur 5°C. Et comme on n’a pas pensé à emporter nos polaires, on s’est retrouvé à grelotter toute la nuit et à notre arrivée à Jodhpur, on s’était enrichis d’une fièvre, d’un rhume et d’une diarrhée. on s’est péniblement traînés jusqu’à l’hôtel pour s’y affaler et ne plus en bouger pendant 2 jours.

Ma principale activité ici est dormir, et me lever péniblement toutes les heures pour visiter (précipitamment) les toilettes.

Sur les quais: Fabrication d’eau minérale, ou usine de retraitement, c’est selon.

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Publié par le 26/08/2012 dans Travel

 

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Sat. 25 Aug. – Gujarat

Au départ, le début de notre aventure était bien ficelé avec un billet d’avion de Bangalore à Bhuj (au Gujarat, dans l’ouest de l’Inde) avec une escale à Mumbai: vol dimanche matin vers Mumbai, suivi d’un second vol l’après-midi vers Bhuj. Le doute s’est installé quand le premier des deux vols s’est vu fusionné avec le vol du dimanche soir, soit après le second vol, et on a pas mal hésité à laisser tomber le billet, prendre une autre compagnie et atterrir ailleurs, voire postposer tout le voyage pour raison d’examen médical requis en dernière minute pour notre visa australien. Mais d’une façon ou d’une autre, on s’était fait à l’idée d’aller à Bhuj (sans savoir ce qui nous y attend, mais ça sonne bien), et donc on a pris le pli de la fatalité: trouver un hôtel à Mumbai le temps de la correspondance, postposer le second vol au lendemain et prier pour que le personnel de Kingfisher, qui n’est plus payé depuis des mois, se mette en grève ou jette l’éponge plus tard. Et trouver une clinique où faire notre examen dans la région (en l’occurrence Ahmedabad).

Nos prières ont dû être entendues, car après un vol sans histoire (et même avec un repas, le service de Kingfisher reste supérieur aux autres, quand il a lieu), ils nous ont bien débarqués à Mumbai. L’hôtel Cosmo qui nous attendait là était une sorte de cave claustro avec fenêtre sur slum, idéal pour ne pas nous laisser de regret à quitter la grande ville (dont on n’a rien vu d’autre que ça).

Bhuj s’est révélée être une charmante petite ville, avec des gens très sympathiques. Les attractions de la ville s’entendent dans un rayon de 200 kms et donc on a encore pas mal voyagé, dont une journée complète en rickshaw (180kms à du 35 km/h, c’est le slow-tourisme).

Le Vijay Vilas Palace, magnifique palais (utilisé maintenant pour les tournages de Bollywood) à Mandvi.

Chhatedi, un site archéologique sur lequel on est tombés par hasard

Shikha, queen of Kutch

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Le Prag Mahal de Bhuj, un joli vieux palace qui accepterait volontiers un petit travail de restauration

Le très joli temple de Shree Swaminarayan, de fabrique récente très bien tenu. Shikha est en grande discussion sur le sujet que certains lieux du temple sont interdits aux femmes (notamment un banc parfaitement anodin sur lequel on était assis tous les deux, et un garde est venu lui dire qu’elle ne pouvait pas rester là!)

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La grande muraille de Bhuj, qui couvre toute la colline sur un bon 2kms (pas sûr si c’est pour protéger la partie gauche de la droite ou l’inverse)

Visite du village d’artisans, pris sur le fait en préparation de rotis (les pains ronds). Ils font (et vendent) aussi des colliers, bracelets et autres qui ressemblent à s’y méprendre à ceux vendus en Afrique.

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Scène du bout du monde… le désert blanc (de sel) du Kutch. Au delà, c’est le Pakistan. Pour l’instant le désert blanc est un peu boueux pour cause de pluies, mer montante et mousson, mais dans quelques mois c’est juste blanc et bleu.

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Le temple jain Hathi Singh à Ahmedabad, où on a rejoint une brigade de restauration du monument en action. On n’a toutefois pas reçu notre salaire pour les 20 minutes passées à brosser les murs.

En visite au Satyagraha Ashram (où Gandhi a fondé une école de freedom fighters pacifistes, entre autre), j’apprend à manier le rouet pour filer le coton, une activité que le maître pratiquait apparemment régulièrement (et qui vaut à l’instrument d’apparaître sur le drapeau de l’Inde). Contrairement à la Belle, je ne me suis pas endormi pour l’éternité.

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Et pour finir notre tour du Gujarat, une visite d’un musée plutôt inattendu (et bien caché avec ça: introuvable sur Google qui le situe à 20kms de son emplacement, inexistant sur tripadvisor, inconnu du personnel de l’hôtel…): Auto World, une des plus grandes collections de voitures de tous âges au monde. Et en effet il y a là une bonne centaine d’ancêtre, des tas de Rolls, Cadillac, une Citroën traction et même une Minerva de 1906.

Moi aussi je veux un belle voiture comme celle-là!

 
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Publié par le 25/08/2012 dans Travel

 

Wed. 15 Aug. – Exodus

Il s’est passé un truc hallucinant à Bangalore cette dernière semaine. Des tas de gens originaires du nord-est de l’Inde ont fui la ville en l’espace de deux-trois jours. Des tas, ça fait plus ou moins 30.000, avec des répercussions visibles par exemple sur les commerces où ils sont en général employés: salons de massage et de beauté, restaurants, personnel de sécurité, dont certains ont dû fermer manque de personnel.

La raison de cet exode-minute est une panique engendrée par des SMSs, messages et tweets chargés de menaces de répression par rapport à des incidents qui opposent depuis des mois diverses communautés en Assam, à 3000 kms d’ici: frictions, émeutes et violences entre les tribus du coin (proche de la Birmanie, ils ressemblent plus à des Birmans qu’à des Indiens) et des migrants musulmans du Bengale (légaux) et du Bangladesh (illégaux). Ils (en tous cas ceux qui se sont rués sur les trains vers là-bas) ont apparemment pris ces menaces très au sérieux et ont abandonné tout ce qu’ils avaient ici pour filer « chez eux », formant un mouvement de masse qui n’a pas été vu ici depuis la tristement célèbre partition de l’Inde en deux (et la formation du Pakistan). Enfin, toutes proportions gardées, ça ne fait toujours qu’une fraction de l’exode de Hollandais vers le Sud chaque juillet, mais ceux-là embarquent leur maison sur leur dos, ça rend l’épisode moins dramatique.

Le gouvernement a été complètement pris de court et malgré les appels au calme, n’a pas pu y changer grand chose. Il en est réduit maintenant à établir les responsabilités et chercher qui a bien pu lancer cette campagne de haine et de menaces par voie d’internet et de réseaux sociaux.

Une des premières mesures dans ce registre est bien sûr d’abattre le messager: Puisqu’on a pas mal cité les réseaux sociaux comme propagateurs des rumeurs, le gouvernement a tout de suite attaqué twitter et facebook en leur demandant de censurer leurs contenus. Ceci est pour le moins singulier, parce que la quasi-totalité des gens qui ont fui Bangalore ont des jobs pas franchement lucratifs, n’ont pas accès à internet et encore moins un compte twitter ou facebook (si j’en crois la situation de Sagar, le gars qui s’occupe de la maison, qui est d’ailleurs aussi de par là-bas — du Népal, mais n’est pas parti lui). Je crois plus volontiers à la thèse selon quoi les rumeurs se sont propagées par SMS et MMS et de bouche à oreille.

Il n’a pas fallu plus de 2 jours au gouvernement pour sortir un coupable de son chapeau magique: le matériel délictueux aurait été mis en ligne à partir du… Pakistan. La vie d’un gouvernement est tellement plus facile quand il a un ennemi-juré: on lui fait jouer le rôle du mauvais à toutes les sauces, ça se vendra à chaque coup. Je pense que ledit Pakistan est en général assez proactif dans ce rôle et affectionne particulièrement aller fourrer le brin chez le voisin, mais dans notre affaire, il me semble que la conclusion est arrivée un rien trop vite et trop à point pour être vraiment crédible (et a d’ailleurs été démentie depuis lors).

Une réaction bienvenue dans ce foutoir est celle de certaines organisations musulmanes qui ont offert abri et protection aux gens qui se sentaient menacés

Un article un peu plus circonstancié sur les émeutes en Assam et leurs répercussions: http://www.ndtv.com/article/india/blog-riots-rumors-and-mass-exodus-258023

 
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Publié par le 17/08/2012 dans Uncategorized

 

Thu. 16 Aug. – Les videurs

Oketi poketi…


Ca y est, aujourd’hui c’est la fin. Il y a 6 grands costauds gaillards qui se sont réparti toutes les pièces de la maison et enfournent tout ce qu’ils trouvent dans des caisses. On doit patrouiller et garder un œil vigilant sur eux, question qu’ils n’enfournent pas aussi les affaires du proprio, les notres dont on a encore besoin ici, genre passeports, sac à dos et l’un ou l’autre slip, etc.

D’ailleurs je ferais bien d’aller patrouiller un tour au lieu de blogger, excepté que l’ordinateur va lui aussi voler dans une caisse dans une dizaine de minutes, je les entends qui ont presque fini le dépeçage du lit, ils vont venir lorgner par ici sous peu.

Adieu dès lors, le prochain post viendra probablement du Gujurat ou du Rajasthan. Enfin, de ce côté-là ça s’annonce déjà un peu foireux, notre premier vol a déjà été annoncé avec un retard (un truc qui marche encore bien chez Kingfisher, et même à tour de bras, c’est le système de notification des retards et annulations), et le temps de connexion avec le second vol est devenu négatif.

 
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Publié par le 16/08/2012 dans Bangalore

 

Sun. 12 Aug. – Le tour de l’Inde en 80 jours

Nous sommes en pleine saison des adieux, et on commence à préparer activement notre prochaine aventure: Le tour de l’Inde en 80 jours. Qui commence dans exactement une semaine.

Des quelques 12 destinations et dizaines de tickets d’avion, train etc. qui parsèmeront le voyage, on a déjà (en bons voyageurs prudents et prévoyants que nous sommes) le billet aller-simple qui nous mènera à Bhuj, coin paumé du Gujurat, l’aéroport le plus à l’ouest de l’Inde, où le périple commencera. On va tenter d’en réserver quelques autres cette semaine, et pour le reste on improvisera.
Enfin, quand je dis qu’on a un billet réservé, c’est en pariant que la compagnie aérienne qu’on a choisie tienne le coup jusque là: on a justement choisi celle qui est embourbée jusqu’au cou dans les dettes, qui a explosé tous les indicateurs de la faillite et qui annule vol sur vol. On verra bien où elle nous débarque, ça fait partie de l’aventure (qui commencera donc selon toute vraisemblance dans le hall d’attente de l’aéroport de Bangalore, ou avec un peu de chance à la première escale, Mumbai).

Notre tour de l’Inde en 80 jours

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Le plan, qui ne se réalisera certainement pas comme prévu, est d’aller ensuite:

  1. voir le désert craquelé du Kutch au Gujurat
  2. se faire cuire dans les palaces des empereurs Moghols au Rajasthan
  3. se les geler dans le haut-plateau du Ladakh au Cachemire
  4. dormir dans les houseboats de Srinagar
  5. voir le temple d’or et la mascarade de l’ouverture du poste-frontière avec le Pakistan à Amritsar et Attari
  6. jouer avec la mousson et les glissements de terrain dans la vallée de Kangra et Manali
  7. voir les monastères d’altitude à Spiti
  8. se détendre dans la station d’altitude de Shimla
  9. admirer les paysages de la vallée des fleurs dans l’Uttarakhand
  10. aller jouer au train à vapeur à Darjeeling
  11. visiter des zones et peuples oubliés (et rebelles maoïstes) du nord-est en Assam
  12. si on est toujours en vie après les maoïstes, retourner à la civilisation à Bangalore
 
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Publié par le 12/08/2012 dans Travel

 

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