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Archives de Catégorie: Surroundings

Sun. 4th Dec. – Sholay

"Longer life", je parierais pas là-dessus...


A l’image de Paris, Amsterdam ou Bruxelles, Bangalore lance cette année une tentative de ramener le vélo en ville. Il y a déjà des belles publicités et deux bornes de location dotées d’une bonne douzaine de vélos. Je suppose qu’il sera temps de penser à construire des pistes cyclables quand on aura éduqué les conducteurs à ne plus rouler sur les trottoirs.

Pour ce qui est du slogan, même si je suis partisan d’associer déplacement à vélo avec grand air, exercice physique, se maintenir en forme, bonne santé et tout ça, il me semble qu’ici cela m’évoque plutôt asphyxie, particules lourdes, aplati sous le camion et ambulance.

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Enfin bon, il n’en reste pas moins que le vélo est un excellent moyen de se balader dans le pays et de le découvrir tout à son aise, d’autant plus que le temps est juste parfait pour ça et que quasi chaque matin, le grand soleil semble me dire: «sors-toi du lit, il est temps d’aller prendre l’air de la campagne (et pas l’air-co du bureau)». Moyennant un peu d’organisation pour amener vélos et cyclistes en dehors de la ville, ça devient en fait nettement plus réaliste.

Hors du tumulte de la grande ville, au milieu des palmiers et des villages assoupis

Il se fait justement qu’un gars organise précisément tout ça (le bien nommé Art of Bicycle Trips), et nous voilà partis ce dimanche à l’attaque des collines de l’arrière pays, plus précisément, au cœur du repaire de Gabbar Singh dans le film Sholay (oui, en Inde, tout prend tout de suite beaucoup plus de sens quand on fait référence à un film).

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On a même droit au film complet sur YouTube, pourquoi se priver? C’est un chouette western masala, qui sent bon le sable chaud, la vapeur, le crottin de cheval et la poudre à canon, il y a des bons, un truand et un justicier, de l’amour, de la vengeance, des courses à cheval et un braquage de train, et même un imam perdu dans le village. Un peu vieux, mais il n’a pas mal vieilli, je le recommande quand vous avez une longue nuit devant vous.
En fait non, la vidéo a mystérieusement disparu de YouTube, mais il reste le clip de la chanson Ye Doesti:

Palmeraies, champs de riz, collines pelées, huttes, villages assoupis sous le soleil, temples colorés, tout ça est vraiment très joli, paisible et riant, on n’est pas volés.

repas servi à la façon Inde du sud

Après quelques heures de vélo, on a été récompensés par un bon repas traditionnel sud-indien servi sur feuille de bananier: roties, sambar et chutneys (et mmmmh un dosa masala!). Tout ce qui n’est pas épicé au TNT est succulent.

Puis pour digérer le tout, on s’est attaqué à l’ascension d’une de ces collines pelées (qui sont en fait des très gros cailloux), celle où Rama et Sita ont eu des bricoles (à défaut de film, il y a sûrement un Dieu qui a dû passer par là). Une fois en haut, la vue est impressionnante et on peut contempler tout le pays avoisinant, jusqu’aux faubourgs de la ville (enveloppés dans le smog).

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La dernière pente, plutôt abrupte, avec des escaliers taillés dans la roche

Chacun jouit du spectacle d'une vue grandiose comme il le sent...

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Publié par le 04/12/2011 dans Surroundings

 

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Mon. 31 Oct. – The Darling Buffalo

Tchouk tchouk, on s'enfonce dans la jungle à la vitesse d'un escargot au pas de course...

En dépit des caprices du système de réservation des trains indiens qui nous ont refusé quelques tickets, à force de persévérance (et en réservant tout ce qui bouge sur le week-end complet) on est arrivés à nous assurer une place sur le petit train vapeur qui circule encore dans les collines des Nilgiris au milieu des plantations de thé et petits villages de montagnes perdus dans les brumes, sur les traces de Shah Rukh Khan dans le film Dil Se: Le Darling Buffalo de la Nilgiri Mountain Railway.

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Le voyage commence à l’aube dans la bourgade de Mettupalayam. Le train s’élance dans un panache de vapeur vers les collines et s’enfonce dans la jungle de palmiers à la vitesse du cheval au galop. Après deux ou trois kilomètres, on arrive au pied des collines, et à mesure que la pente se fait plus raide, le cheval s’essouffle et se change en bourricot, tortue et finalement escargot. Le train gravit les collines en 3 bonnes heures, pour presque 30 km. Mais au cœur de la jungle, on a tout le temps d’admirer les paysages magnifiques qui se déroulent devant nos yeux à mesure que notre escargot se tortille sur ses rails.

Pendant des heures, on traverse des paysages de milieux-de-nulle-part... magnifique!

En fait de voyage, il s’agit plutôt d’un voyage dans le temps… Quelque part à mi-course, on s’arrête dans une gare sortie tout droit d’un Lucky Luke pour faire une pause et abreuver tout le monde: les passagers (qui consomment thé et moult machins frits), la locomotive (qui boit 400 litres d’eau par kilomètre), les indigènes (qui sont petits, couverts de poils, munis d’une longue queue et d’une drôle de bouille, et qui mangent les restes des passagers). Personne ne fait étape ici: A part la petite échoppe et ses singes, il n’y a strictement rien dans les parages.

Hillgrove, 30 minutes d'arrêt!

Le personnel en grande affaire.

Arrivé sur le haut des collines, on ressort de la jungle pour arriver dans la petite gare assoupie de Coonoor, toute fébrile d’animation pour le départ d’un de ses 4 trains par jour. C’est en effet toute une affaire parce qu’il faut changer de locomotive: la locomotive vapeur à crémaillère (de fabrication suisse) fatiguée de grimper depuis la plaine depuis des heures est remplacée par une diesel qui finira le trajet jusqu’à Ooty, fait de pentes nettement moins raides. La manœuvre mobilise toutes les forces vives du personnel des chemins de fer, qui agitent des drapeaux rouges et verts dans tous les sens pour diriger les opérations. Dix minutes plus tard, le train se mobilise dans une grosse bouffée de fuel (et un coup de trompe pour faire bon compte) et chacun s’en retourne à son activité normale: boire le thé.

L’album photos
 
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Publié par le 31/10/2011 dans Surroundings

 

Sat. 29 Oct. – Nilgiris

Dans notre série de découverte de l’Inde par week-ends, cette fois-ci on a pris les sacs-à-dos, un vol aller-simple vers Coimbatore avec l’intention de visiter les collines des Nilgiris, prendre le vieux train à vapeur qui y circule encore et rentrer avec les moyens du bord. Si vous n’avez jamais entendu parler de Coimbatore avant, ne prenez pas la peine de l’inscrire sur le radar de vos prochaines visites: cette petite ville d’à peine 2 millions d’habitants sort du lot par le fait qu’il n’y a absolument rien à y voir. Pas la moindre attraction, site touristique, machin en vieilles pierres, schnol. La « chose à voir » qui arrive en tête dans une recherche sur TripAdvisor est un temple à 50 km de la ville.

Mais bon, il y a un aéroport et de là, une gare, un train et hop, en quelques heures on est à Mettupalayam, au pied des Nilgiris, qui sont des collines hautes commes les Alpes (genre 2500m, tout en courbes douces et boisées jusqu’au sommet). Mettupalayam c’est le trou, mais au moins on le savait à l’avance.

La gare endormie de Mettu***am, avec les Niligiris en toile de fond.

De là, on peut monter dans les collines et on y trouve Coonoor, décrite comme une petite ville d’altitude, qui a gardé un charme intact, encore vierge de l’empreinte de la modernité. Et c’est en effet un mélange surprenant de petite ville à l’indienne, avec des tas de maisons colorées empilées les unes sur les autres, plus quelques temples, églises et mosquées qui cohabitent joyeusement, le tout avec l’air de la montagne, les plantations en terrasses, emmitoufflé dans la brume.

Un amas de façades colorées la tête dans les nuages... Très joli quand on sait où ne pas regarder.

La petite gare bleue perdue dans la brume... délicieuse invitation au voyage.

On n’échappe bien sûr pas aux rickshaws qui pétaradent en tout sens (enfin non, pas en descente parce qu’ils coupent le moteur), les bus branlants qui débordent de passagers, les dépôts d’ordures sauvages et les vaches au milieu de la route (ou plus souvent, dans les ordures), mais il y a aussi les jolies plantations de thé, la vieille gare préservée (et son vieux train), et en effet dès qu’on s’éloigne un rien du centre de la ville, ça devient très joli.

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Visite d'une plantation de thé avec dégustation... cheers!

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On roule à gauche ici: donc c'est mon bus qui est en train de dépasser le camion et pas l'inverse.

J’avais déjà constaté que les règles de circulation étaient différentes ici, j’en ai eu une démonstration supplémentaire. Une règle qui a l’air d’être respectée c’est qu’il faut éviter de dépasser quand la route ou le pont est juste large assez pour un seul véhicule. Si elle est assez large, c’est bon on peut y aller: un bon coup de klaxon et on se lance. Les détails mineurs du genre on est en côte, on aborde un virage, il y a un brouillard à couper au couteau, il fait nuit, il y a un véhicule qui arrive en sens inverse, il y a deux véhicules qui arrivent de front en sens inverse (voire toutes les options ci-dessus réunies) ne sont pas de nature à décourager le pilote de bus intrépide et redoutable. De toute façon, Ganesh veille sur lui! Et comme je suis encore en vie pour vous le raconter, il faut croire que Ganesh veille bien, parce qu’en un voyage d’une heure et demie, j’en ai vu des faucheuses qui nous attendaient au tournant.

 
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Publié par le 29/10/2011 dans Surroundings

 

Jeu. 30 Juin – Intermède

En plein milieu d’une semaine complètement folle (chasser des maisons d’une part, visite de tous les acteurs du projet et définition des objectifs du quadri au travail d’autre part, tenter de passer sous le radar des parents pour arriver à grapiller quelques instants pour se voir avec Shikha), on a droit à un intermède piscine: mon équipe organise un offsite qui, dans la bonne tradition de Google, comprend un endroit et des activités sympathiques, de la bonne bouffe et pas de salle de conférence ni de présentation PowerPoint.

Avec des vrais palmiers!

On se retrouve donc à badiner dans les pataugeoires du Club Cabana, un parc d’attraction aquatique proche de Bangalore. L’usage du pronom indéfini est pour une fois assez précis; le monde se divise en effet en deux: ceux qui pataugent, et celles qui restent soigneusement allongées sur des transats à l’ombre. Il ne m’a pas fallu plus d’un jour pour comprendre: le lendemain, le monde se divise à nouveau en deux: ceux qui sont rouges commes des homards trop cuits et qui font bien attention de ne pas s’appuyer au dossier de leur chaise, et les autres…

 
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Publié par le 30/06/2011 dans Surroundings

 
 
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