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Archives de Tag: bangalore

Bengaluru

Si des villes comme Rome ou Paris ont une longue et riche histoire qu’elles dévoilent au détour de leurs quartiers et leurs musées impressionnants, il n’y a rien de tel à Bangalore: l’histoire de Bangalore n’est pas faite d’empereurs, de rois ou d’artistes du passé, elle est faite d’entrepreneurs et de multinationales du présent. Bangalore n’a pas de musée pour retracer son histoire, parce que Bangalore est son propre musée et l’on voit l’histoire dans ses rues et ses quartiers, ses empires financiers qui se font et se défont en temps réel.

Une rue commerçante du centre

Le passé de la ville, c’est une petite bourgade marchande jumelée d’un cantonnement colonial britannique et une panoplie de petits villages qui sont avalés par la ville d’année en année à mesure qu’elle enfle sous la pression urbanistique.

Tout ce que la petite bourgade historique a pu léguer à la ville s’est rapidement transformé en chantiers de démolition pour faire place à des hôtels prestigieux et des centres commerciaux. Un de ces endroits, le marché de Russel, est dans le collimateur pour être rasé et remplacé par une tour de parkings. Un autre, un vieux cinéma, va faire place nette pour un méga-mall et multiplex.

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L’histoire militaire a quant à elle laissé en héritage de larges avenues bordées de grands arbres, que les riverains défendent âprement contre les autorités qui les abattent à tour de bras pour élargir les avenues en autoroutes urbaines, tunnels, viaducs et métro aérien. Il reste aussi d’énormes morceaux de terrain qui sont propriété de l’armée, qui hébergent des pelouses, des arbres, des lacs et l’une ou l’autre caserne. Si l’armée parvient à préserver ces endroits jusqu’à ce que la tempête immobilière se calme un peu, ils pourraient devenir les très prisés parcs publics de demain.

Devant: un chantier, à droite: un chantier, en-dessous: des travaux…



Tout le reste, c’est un corps adolescent qui grandit plus vite que sa peau, comme Hulk (mais nettement moins vert). Chaque fois que je vais me promener dans un quartier, je découvre un nouveau chantier: il y a en gros un chantier tous les 50 mètres. Dans la ville, on abat des maisons pour faire des appartements ou des hôtels; hors de la ville, ce sont les complexes d’appartements, tours de bureaux et centre commerciaux qui sont copiés-collés à l’infini…

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Une ville dans la ville… Le complexe de 10000 habitants de Shantiniketan.


Ces townships, pouvant abriter jusqu’à 10 ou 20 mille personnes en un complexe, répondent aux noms évocateurs de « Mediterranean Paradise » ou « Millenia Grandeur » (ou toute autre combinaison incluant Gold, Platinum, Green, Woods, Water, Prestige etc.) et offrent tout ce que la ville n’est pas: un quartier propre, sans trafic, des infrastructures de loisirs, un peu de verdure, le sentiment de sécurité et une population homogène. Enfin, dans ce dernier cas, il s’agit vraiment d’une population bi-homogène: les habitants d’une part et les servants, jardiniers, chauffeurs etc. d’autre, en proportions plus ou moins identiques (mais en espace habitable dans un rapport de 10 à 1 j’imagine).
Le complexe offre en général un restaurant, une épicerie, un centre sportif, des jardins et tout ce qu’il faut pour minimiser tout besoin de sortir de ses murs. La logique est même poussé jusqu’à jumeler les complexes d’appartements avec les tours de bureaux, question de rendre l’idée même de quitter le complexe totalement absurde, un peu à l’image d’une prison (retournée bien sûr).

L’immeuble d’appartements de luxe en face de chez moi, vision d’artiste et réalité en devenir. Appartements à saisir pour la pacotille d’un million de USD, si quelqu’un est preneur…

La majorité de ces complexes et immeubles sont construits dans une logique de profit à court terme et on voit un net gradient de décrépitude entre les prospectus avec la vision de l’architecte, les immeubles tout neufs, ceux qui ont 10 ans sans entretien derrière eux et ceux de 20 ans qui vont pas tarder à être abattus pour être remplacés par du plus beau, plus haut, plus cher.

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La tour de UB city, en vente suite à un revers malchanceux de son propriétaire.


Ca et là, l’un ou l’autre prend une place de choix et définit pour un temps la skyline de la ville, telle la tour de UB City, au nom de l’empire des brasseries du même nom, situées Rue Mallaya, du nom du milliardaire président du groupe. Tour qui est d’ailleurs en vente suite à la déroute financière du mogul de la bière dans ses activités aériennes et la faillite imminente de Kingfisher Airlines.

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Publié par le 04/07/2012 dans Bangalore

 

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Wed. 8 Feb. – Paris CDG

A bosser pour Google, on se retrouve visiter les Etats-Unis plus que de raison… J’avais réussi à y échapper pendant toute une année, mais le virus m’a rattrapé et me voilà donc dans un avion pour New-York. Enfin, pas tout-à-fait: il n’y a pas de vol direct depuis Bangalore, donc j’en ai pris un qui passe par Paris. Pour me changer des curries et tandoors, j’avais le choix pour l’escale de mon vol de 20 heures entre un pain au chocolat à Paris, un bretzel à Francfort ou un burger à Dubai, et j’ai opté pour le pain au chocolat.

Me voilà donc à Paris à l’embarquement d’un vol Delta Airlines pour New York. Je suis en train de me féliciter de mon choix parce qu’il y a bien sûr une grève Air France et que malgré elle je suis arrivé à temps pour attraper mon second vol, qui est prévu à l’heure lui aussi, et que je pourrai me détendre devant un bon film dès que le gars qui contrôle les passeports aura fini d’examiner le mien sous toutes ses coutures.
– «Elle est où la puce?»
– «Euh j’en sais rien moi, quelle puce?»
– «Ah, pas de puce, pas de vol, je ne peux pas vous embarquer avec ça»
– «M’enfin c’est quoi cette nouveauté, regardez bien, j’ai déjà été 4 fois aux USA l’année dernière, il y a des tas de cachets de la douane dans ce passeport, il est parfaitement valide!»

Et le gars de montrer mon passeport à un autre gars, qui appelle son supérieur, qui appelle son chef de la sécurité, qui appelle un agent de la douane américaine, et qui font tous des têtes de « Oh là là mon bon monsieur, on est désolé mais ça va pas être possible ça! », et de fait après moult coups de téléphone, citations de règlements de 2006 amendés en 2009, règles et jurisprudence, ces andouilles concluent que j’ai besoin d’un visa pour entrer aux USA. Mais c’est pas le drame, il y a une ambassade qui fait ça justement ici à Paris, ça vous prendra un jour tout au plus, appelez ce numéro.

Tout un terminal pour moi tout seul

Joignant l’acte à la parole, ils débarquent mon sac de la soute de l’avion, qui quitte la porte d’embarquement sous mes yeux encore incrédules. S’en suit un long moment de solitude et de désespoir, solitude qui me poursuit jusque dans la salle de réception des bagages totalement vide, où le carrousel à bagages tourne pour mon seul sac.

Il est 11 heures du matin, je revois Tom Hanks dans « The Terminal » et je me rappelle soudain qu’il y a un bureau de Google dans cette ville.

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A tout bien considérer, si ce genre de m**de devait arriver, c’est plutôt chanceux que ça arrive à Paris plutôt qu’à Dubaï ou Francfort: quitte à être coincé quelque part pour un ou deux jours, autant qu’on y parle français. Je prends mon sac et me mets en route pour la place de l’Opéra.

 
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Publié par le 08/02/2012 dans Travel

 

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Sun. 4th Dec. – Sholay

"Longer life", je parierais pas là-dessus...


A l’image de Paris, Amsterdam ou Bruxelles, Bangalore lance cette année une tentative de ramener le vélo en ville. Il y a déjà des belles publicités et deux bornes de location dotées d’une bonne douzaine de vélos. Je suppose qu’il sera temps de penser à construire des pistes cyclables quand on aura éduqué les conducteurs à ne plus rouler sur les trottoirs.

Pour ce qui est du slogan, même si je suis partisan d’associer déplacement à vélo avec grand air, exercice physique, se maintenir en forme, bonne santé et tout ça, il me semble qu’ici cela m’évoque plutôt asphyxie, particules lourdes, aplati sous le camion et ambulance.

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Enfin bon, il n’en reste pas moins que le vélo est un excellent moyen de se balader dans le pays et de le découvrir tout à son aise, d’autant plus que le temps est juste parfait pour ça et que quasi chaque matin, le grand soleil semble me dire: «sors-toi du lit, il est temps d’aller prendre l’air de la campagne (et pas l’air-co du bureau)». Moyennant un peu d’organisation pour amener vélos et cyclistes en dehors de la ville, ça devient en fait nettement plus réaliste.

Hors du tumulte de la grande ville, au milieu des palmiers et des villages assoupis

Il se fait justement qu’un gars organise précisément tout ça (le bien nommé Art of Bicycle Trips), et nous voilà partis ce dimanche à l’attaque des collines de l’arrière pays, plus précisément, au cœur du repaire de Gabbar Singh dans le film Sholay (oui, en Inde, tout prend tout de suite beaucoup plus de sens quand on fait référence à un film).

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On a même droit au film complet sur YouTube, pourquoi se priver? C’est un chouette western masala, qui sent bon le sable chaud, la vapeur, le crottin de cheval et la poudre à canon, il y a des bons, un truand et un justicier, de l’amour, de la vengeance, des courses à cheval et un braquage de train, et même un imam perdu dans le village. Un peu vieux, mais il n’a pas mal vieilli, je le recommande quand vous avez une longue nuit devant vous.
En fait non, la vidéo a mystérieusement disparu de YouTube, mais il reste le clip de la chanson Ye Doesti:

Palmeraies, champs de riz, collines pelées, huttes, villages assoupis sous le soleil, temples colorés, tout ça est vraiment très joli, paisible et riant, on n’est pas volés.

repas servi à la façon Inde du sud

Après quelques heures de vélo, on a été récompensés par un bon repas traditionnel sud-indien servi sur feuille de bananier: roties, sambar et chutneys (et mmmmh un dosa masala!). Tout ce qui n’est pas épicé au TNT est succulent.

Puis pour digérer le tout, on s’est attaqué à l’ascension d’une de ces collines pelées (qui sont en fait des très gros cailloux), celle où Rama et Sita ont eu des bricoles (à défaut de film, il y a sûrement un Dieu qui a dû passer par là). Une fois en haut, la vue est impressionnante et on peut contempler tout le pays avoisinant, jusqu’aux faubourgs de la ville (enveloppés dans le smog).

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La dernière pente, plutôt abrupte, avec des escaliers taillés dans la roche

Chacun jouit du spectacle d'une vue grandiose comme il le sent...

 
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Publié par le 04/12/2011 dans Surroundings

 

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