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Archives de Tag: serengeti

Tanzanie 4 – Serengeti

Une journée au Serengeti.

C'est tôt mais c'est beau.


Les journées commencent invariablement tôt (en fait, on est restés tout le voyage dans le fuseau horaire de l’Inde, décalés de 3 heures et demie), parce que l’un ou l’autre motivé veut aller embusquer le soleil à sa sortie de l’horizon. On est cependant vite récompensé de ce réveil nocturne: le spectacle est vraiment fascinant et le soleil est à peu près le seul animal à se montrer là où on l’attend.

Ensuite on sillonne le parc de long en large, scrutant l’horizon à la recherche de notre prochaine rencontre. Qui peut être une famille de pumbas (des phacochères) traversant la route, un troupeau d’impalas farfouillant dans les fourrés, un groupe de girafes en train de se gaver de feuilles d’acacia, l’un ou l’autre oiseau perché sur un arbre…

Une patrouille de girafes

Un harem de femelles impala. Le mâle est pas loin.

Les impalas, à l’image des Maasai ou des mormons, sont polygames: un mâle se farcit un harem d’une quarantaine de femelles sous les yeux envieux des autres mâles qui attendent patiemment l’occasion de lui flanquer une raclée et lui rafler son harem. En effet si un mâle supplante un autre, c’est le gros lot: le harem complet lui revient! On les rencontre donc par tas compact de 41 individus, et quelques mâles qui traînent l’air de rien dans les parages, ou alors isolés au milieu de rien.

Un peu plus tard, on peut rencontrer une famille de singes, maîtres dans l’art de la scène, toujours une valeur sûre en terme de divertissement, et si on a de la chance (ou si notre guide a du flair), une famille de lions, qui donnent plus dans le genre séquence romantique que film d’action.

Les singes au cinéma...

...regardant Roméo et Juliette

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Pour l’après-midi, on chauffe les enchères et on se met à la recherche des gros calibres: les léopards et guépards, dont la rencontre est nettement plus incertaine. On roule dans la plaine, on scrute l’horizon; on roule encore, on scrute la plaine, ou roule dans l’horizon… c’est qu’elle est grande, cette plaine, cette fois on a vraiment l’impression d’être perdus au milieu de nulle part!

L'oiseau de toutes les couleurs

Ca chauffe pour la mouche!

Je me prends au jeu et je me poste debout dans la voiture, à inspecter aux jumelles chaque arbre, chaque ressaut du terrain, chaque tache de couleur… combien de fois j’ai pas crié au lion! en pointant au loin une termitière…

Le léopard, moulé sur sa branche.


Le parc a plus ou moins la taille d’une demi-Belgique et même s’il regorge de disons un bon millier de léopards, ça rend les chances de tomber sur l’un d’entre-eux par hasard assez faibles. D’autant plus que plutôt que de parader sur les routes et passer leur temps à attraper des gazelles, ils ont la fâcheuse habitude de dormir dans les hautes herbes ou au sommet d’un arbre. Aucun sens du spectacle!

Eddy notre guide, qui tout en conduisant ne scrute rien du tout mais voit, lui, des autruches, des (vrais) lions, et des tas d’autres trucs, nous a repéré, là-bas, un léopard, perché sur une branche! Et à bien y regarder, il y a aussi un impala perché sur la branche d’en-face. Enfin, un demi-impala, qui n’est probablement pas arrivé là tout seul.

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Le pogo des hippos.


 
Ensuite pour le goûter, on fait un saut à la mare aux hippos, où les hippos organisent un festival. Le tout-Serengeti du monde des hippos semble s’y être donné rendez-vous, en tous cas c’est un grand succès et l’évènement a fait mare-comble. Ils sont tous là à patauger dans des conditions d’hygiène assez discutables, à péter dans l’eau et mouliner des oreilles, c’est d’un chic!

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Si l’idée qu’on se fait d’un safari provient des documentaires de National Geographics (les guépards qui courent l’antilope, les lions qui embusquent le buffle, les gnous qui déferlent dans la rivière, tout ça en gros plan), eh bien c’est raté. En vrai, en moyenne, ça ressemble plus à une traversée du mid-west américain en camion: on voit de la plaine, de la plaine, quelques arbres, encore de la plaine et tout à coup, un pic d’adrénaline: Là! un animal! (ou une termitière pour les bigleux).

Chaque animal acquiert un prix du marché selon la fréquence attendue de ses apparitions. Par exemple, l’impala ne vaut pas grand chose: on en voyait un tas juste à 200m du camp à chaque sortie. Les girafes et les éléphants, quoique presque aussi fréquents, valent un peu plus parce qu’ils sont plus impressionnants.

Un guettant guépard.


Ensuite en ordre croissant de valeur, on trouve les buffles, les hyènes, les vautours, les hippopotames (dont la valeur a chuté quand on est tombé sur leur rave-party), les singes (qui sont toujours un bon placement vu leur show pas possible), les lions, et tout en haut de l’échelle, les léopards, guépards et les rhinocéros (qu’on n’a d’ailleurs pas vu).

Si tout ce qu’on a vu du léopard était une micro-tache tachetée en relation fusionnelle avec sa branche d’arbre à 200m de la route, on a en revanche été plus gâtés par les guépards qui faisaient la sieste dans un taillis à 15m de nous.

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La journée se termine dans la même splendeur qu’elle avait commencée, une famille d’éléphants en plus.

Il est temps de mettre les éléphants au dodo.

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Publié par le 25/01/2012 dans Travel

 

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Tanzanie 3 – Migration

Un safari, c'est un avant tout un road-movie, une relation intime avec son siège d'auto...

Les yeux encore pleins de zèbres et de lions du cratère, on fait un crochet par le camp, on emballe tout et s’en va vers les plaines interminables de Serengeti. Le parc de Serengeti, voisin de celui de Ngorongoro, ne pourrait en être plus différent. On vient d’un endroit confiné, entouré de falaises et de jungle luxuriante, tapissé d’herbe verte et on s’en va vers une immense plaine plate aux horizons infinis, à la végétation asséchée et roussie par un soleil écrasant, clairsemée de quelques acacias tortueux.

Les deux parcs sont séparés par une espèce de no-mans-land de terrain aride traversé d’une route en graviers sur laquelle notre guide lance notre Landcruiser à 100 km/h parce qu’on est à la bourre et qu’il faut arriver au camp avant la nuit.

C'est un peu comme le notoirement tragique passage du fleuve Mara trois mois plus tôt, les crocodiles en moins...

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Une crevaison plus tard, on arrive au checkpoint du parc de Serengeti, inondé d’herbivores: on est en plein milieu de la migration annuelle des gnous, qui sont en train de faire à peu près le chemin inverse du nôtre, et qui s’en vont vers l’est accompagnés de leurs copains les zèbres, antilopes, gazelles, et vautours qui savent bien qu’il y aura des restes…

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La migration annuelle: un immense rouleau-compresseur qui transforme l'herbe en bouse.

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De manière assez spectaculaire, à notre retour 3 jours plus tard par la même route, la multitude s’était volatilisée: l’exact même endroit était maintenant vide de toute présence herbivore, à l’exception de l’une ou l’autre gazelle isolée.

Des gnous à perte de vue.

3 jours plus tard... il n'y a plus un chat.

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Après 4 heures de route en graviers, nous arrivons à notre nouveau chez-nous (à monter nous-mêmes): Le camping de Dik-dik, au milieu de la plaine. Nos plus proches voisins sont un troupeau d’impalas, quelques girafes et une hyène à l’affût d’un bon plan vide-poubelle. On espère que les lions, buffles et éléphants sont un peu plus loin.

Le camping de Dik-dik.

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2 Commentaires

Publié par le 24/01/2012 dans Travel

 

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